Première séance

Première séance

2001 : Odyssée de l’espace

La Première Séance
Soirée « adaptation au cinéma »

18h30 Lecture à la BIG
19h45 Repas partagé à la BIG
21h00 Projection-débat au cinéma l’Atalante

2001 : Odyssée de l’espace
Stanley Kubrick – 1968
d’après une nouvelle, La sentinelle (1953) de Arthur C. Clark

Ils ont écrit hier sur la société d’aujourd’hui.

Les projections-débats proposés par l’association IDÉtorial et animée par Alain Chêne ont pour enjeu d’aborder des sujets de société en s’appuyant sur des œuvres de fictions, livres et film. La phrase, aujourd’hui passée à la postérité, qui résume l’activité de sentient HAL 9000 dit Hal, l’ordinateur est « He’s watching you ».

Hall

Présentation par Alain Chêne

2001 : Odyssée de l’espace se place dans l’œuvre de Stanley Kubrick entre Docteur Folamour (1964), et son alter ego spacio temporel Orange mécanique (1971).

N’est pas film qui veut ! 2001 : Odyssée de l’espace est un monument tiré d’une nouvelle, La sentinelle (1953) de Arthur C. Clark qui sera réécrite et développée pour la sortie du film (1968).

2001 : Odyssée de l’espace reste unique dans la SF parce qu’il ne s’agit pas d’anticipation mais d’une vision plausible du ressenti de l’époque (l’homme allait poser le pied sur la lune en 1969 un an après la sortie du film). Et l’imagination mesurée qu’offrait alors les perspectives d’un monde hors temps semblait sinon réaliste du moins vraisemblable.

Le film s’insère dans l’effervescence des années qui précédent la première crise pétrolière qui plombera en partie l’espérance spatiale. Une aventure métaphysique qui s’inscrit dans son temps. Le film de Stanley Kubrick doit beaucoup à sa volonté de franchir les frontières narratives et représentatives de la SF. Il a suffi à l’auteur de Barry Lyndon de remplacer la musique électronique et autres sons discordants qui illustrent le futur dans de nombreux films d’anticipation (La Planète interdite, en 1953, en est l’exemple parfait, devenant une référence sonore pour nombreux films), par Strauss et son Beau Danube bleu, pour brusquement imposer l’évidence de l’apesanteur et de l’espace.

Ainsi va le cinéma lorsqu’il flirte avec la perfection. Il faut se poser la question qui dérange. La fin voulue par Kubrick, une abstraction psychédélique de la renaissance, déroute. Encore que ! Nous sommes en 1968. Même si le film fut mis en chantier à la MGM trois ans avant, le LSD et ses expériences hip étaient déjà au rendez-vous. Cette approche « underground » du renouveau n’est certainement pas une élucubration de Kubrick. Et si ce voyage à la rencontre de l’autre n’était qu’un « trip » ? Quoi de mieux que l’abstraction du monolithe comme seul contact matériel ! Ne rappelle-t-il pas d’autres énigmes ? Les statues de Ile de Paques, l’alignement des menhirs de Carnac ? Toucher le futur pour mieux comprendre le passé ! Le film est une parabole humaine qui a le mérite d’offrir à chacun une grille de lecture personnelle. Ne pas oublier Douglas Trumbull.

Un petit jeune, protégé de Kubrick (selon la légende) qui fit quelques croquis décisifs dans la conception graphique des éléments de la station spatiale. Il réalisera quatre ans plus tard l’antithèse de 2001 : Silent Running. Une fable écologique.