Si le service militaire obligatoire ne l’avait pas appelé, il aurait accepté la première proposition qu’on lui a faite après avoir décroché son BTS électronique à l’Ecole Nationale de Physique-Chimie en 1982 : accompagner (maintenance technique) pendant 1 an une expédition scientifique en mer… Sa passion se dessinait déjà : ramener des images, en maîtriser la technique pour en assurer la réussite !

La conscription en ayant décidé autrement (1983), c’est dans une coopérative de production audiovisuelle fondée par Philippe Gildas (Nulle part ailleursCanal Plus) et son père, qu’il rencontrera son premier mentor : Bernard Gonner (C’est pas sorcierFrance 3 ; Les Années bonheurFrance 2). Il entre dans le métier comme assistant opérateur, comme régleur de caméra et apprend son métier « sur le tas ».

De 1985 à 1986, il travaille pour Les Enfants du Rock et la société Pipa Vidéo. Il va devenir progressivement directeur technique, réalisateur et monteur TV. Il apprend et maîtrise toutes les facettes de la production télévisuelle. C’est dans ces années qu’il collabore avec l’équipe de Arrêt sur image avec Bernard Vaillot, Christian Malard et Patrick Duhamel puis à celle de Zone interdite avec Patrick de Carolis. La Cinq disparaît le 12 avril 1992 à minuit… Il fonde alors avec Bernard Vaillot, Christian Malard et Alain Cirou (rédacteur en chef de Ciel et Espace) une agence de presse (Galaxie Presse) qui recevra le prix du montage pour le documentaire : Sansanee.

Dans cet univers télévisuel François Stuck souffre nettement d’un manque d’humanité et de solidarité… Il se rapproche alors du monde associatif et rencontre Zarina Khan (nominée pour le Nobel de la Paix 2005 et lauréate du prix Seligmann contre le racisme 2017  pour son livre La Sagesse d’aimer. Ils créent tous les deux le mouvement Théâtre et liberté dans la guerre d’où naîtra en 1993 le premier épisode du Dictionnaire de la vie, ou comment montrer dans une ville assiégée (Sarajevo) combien la culture est un puissant espace de liberté.

Le « correctement pensé » politique de l’époque sort ses griffes et, du fait de leur action en Bosnie, certaines portes se ferment ! mais d’autres s’ouvrent… À Sarajevo, ils rencontrent Danielle Mitterrand qui dirige la fondation France Libertés. Elle assiste à la première représentation du Dictionnaire de la vie et propose aussitôt une collaboration en leur commandant un film afin de pérenniser l’action de sa fondation.

En 1994, avec un reportage de 18‘, La maison des citoyens à Sarajevo, qui sera visionné par la Commission européenne, François Stuck saisit alors l’importance et l’impact d’un film dans la recherche de financement.

En 1996, avec Zarina Khan, il réalise un long métrage, ADOS AMOR, qui fera l’ouverture du festival de Ouagadougou et qui sera sélectionné à Cannes Junior. Ce film sur l’adolescence est issu d’ateliers d’écriture et de pratique théâtrale en milieu scolaire.

En 1997 François Stuck change de vie et repart de zéro. Il intègre l’équipe de Julien Courbet (TF1) et gravit tous les échelons de la réalisation et du montage pour être en 2010 rédacteur en chef de l’émission grand public Sans aucun doute. En 2009, il valide sa licence de cinéma à la Sorbonne Paris 1. Cependant son envie de penser et de filmer librement le font sortir une fois de plus « du cadre » et, depuis 2005, parallèlement à son travail à la TV grand public, il réalise des documentaires pour les émissions religieuses du dimanche matin. Il apprécie la très grande liberté rédactionnelle dont il dispose, aussi bien dans le choix des sujets et des reportages que dans la réalisation et le montage. A l’occasion de sa participation à l’émission Agapé sur France 2 (résultat d’une réflexion commune catholiques-protestants), il rencontre Séverine Daudé (rédactrice à la TV de la Fédération protestante de France et de l’hebdomadaire protestant d’actualité Réforme). En 2014, Il lui propose pour France 2 un documentaire de 3 épisodes de 26‘ Dieu veut-il la guerre et, en 2015 Fukushima, la dignité du vivant en 2 épisodes de 26‘.

Il comprend chaque jour un peu plus que le milieu de la TV l’éloigne de son credo : être en contact avec les gens, parler clair et juste…Il achète alors un terrain dans le Lot (46) où il bâtira sa maison. Infatigable dans sa quête du « filmer vrai » afin de trouver une dimension et un discours qui élèvent le débat et la pensée en s’assurant d’une compréhension pour tous, il tisse rapidement un réseau auprès du monde associatif local et il s’y investi profondément. De là sortira :

• En 2011 : Les rencontres festives-Vaincre l’isolement en pays bourian – 62‘
• En 2013 : Création et réalisation des Actualités Locales au Cinéma : Que se fait-il de bien près de chez nous ? Le terme « bien » étant compris comme le bien commun.
• En 2014 : Membre fondateur de l’association A.M.I.C. Céou de la monnaie locale (le Céou) à Gourdon (46).
• Création de l’association IDÉtorial en janvier 2014
• En 2016 : Réalisation d’un film de 15‘ : Les centres bourg ! pourquoi faire ? (commande de la communauté de communes Quercy-Bouriane)
• En 2018 : Réalisation d’un film de 21‘ : Le Frau, pour quelques galets de plus (commande de l’association : Préservation des Sites Menacés en Bouriane)
et en cours de production un film de 52‘ : Bienvenue les vers de terre (commande de l’association Clé 2 Sol ; documentaire sur l’agriculture de conservation et de régénération des sols)

François Stuck s’appuie dorénavant sur une équipe locale qui assure la cohérence entre le message, l’enjeu artistique du film et sa faisabilité économique.

Nota bene : Avec la SARL proxima-c, François Stuck a également travaillé pour Airbus et ArianeGroup pour réaliser et produire des films d’un très haut niveau de technicité. Cela lui a appris, outre un devoir de réserve et de confidentialité, à gérer de très gros projets tant au niveau des budgets, que de la gestion des équipes, le tout dans des environnements à fort niveau de sécurité sur plusieurs années de production.

À partir de l’interview de François Stuck du 31/07/2018

www.stuck.fr